PARTIE 5 :

Tu te poses sur un banc, tu enchaînes les bouteilles aussi vite que tu peux en pensant à ta petite vie de bourgeois soudainement bouleversée par une random pétasse.

Tant de malheur juste pour essayer de tirer son coup nom de dieu

Bref, tu arrives bien chargé pour les cours du matin

Tu pues sans doute le houblon fermenté, et tu sens vaguement le regard médusé et écoeuré de toute ta promo sur toi, mais tu t’en branles, t’as juste envie d’exposer ta misère à la face du monde

La deuxième partie de la journée est encore plus épique

Tu vas déjeuner au Jardin du Luxembourg, seul. T’es en train de cuver quand tu sens un « ploc » sec mais gluant sur la manche droite de ton manteau
UN PUTAIN DE PIGEON T’A PRIS POUR SES LATRINES DU HAUT DE SA BRANCHE

Tu lèves la tête pour le regarder mollement, puis tu rentres à la fac, comateux et pathétique

Tu racontes l’histoire du pigeon à tout le monde, en bégayant bien car, ne l’oublions pas, tu es quasi-raide mort
Tu t’endors même pendant ton premier cours de l’après midi. On doit te secouer l’épaule pour que tu sortes de la salle.
Avant le cours d’espagnol, c’en est trop. Tu patientes devant la salle, tu es en avance. Y’a Juliette avec toi, et pour une raison qui t’échappe encore, tu exploses en larmes comme une petite pucelle (que tu es, certes).

Tu demandes à Juliette ce qu’elle sait de l’affaire entre Clémence et toi deux semaines plus tôt, elle te dit qu’elle est au courant mais qu’elle n’a pas d’avis là-dessus.

Elle finit par te renvoyer chez toi, tu obéis, tu es trop mou et trop pété pour faire quoi que ce soit d’autre.
Tu rentres chez toi, tu sais pas trop comment, mais tu rentres chez toi. À cinq minutes près tu croisais tes parents qui partaient en vacances, heureusement ils ne t’ont pas vu dans cet état

C’est ton grand frère qui s’occupe de toi. Tu peux commencer à cicatriser

AH MAIS EN FAIT NON PARCE QU’UN AUTRE DÉSASTRE SE PROFILE À L’HORIZON

Oui, parce que dans les semaines qui précédaient l’ « affaire Clémence », tu avais repéré cette autre fille. Céline. Rien à avoir avec la fac, c’est la pote d’un pote de longue date (Benjamin), vous vous voyez de temps en temps à des soirées qu’il organise

Une fille bon délire, 6,5 / 10 (même si à l’époque on raisonnait pas comme ça). Et soudain, au détour d’une conversation avec elle, tu te dis « c’est elle qu’il me faut pour guérir de Clémence »

Ce qui ne veut pas dire que tu tentes un truc, non loin de là, tu continues à rêver dans ton coin

Pendant ce temps, tu vis un véritable cauchemar au quotidien à la fac à cause de Clémence. Déjà à cause de votre groupe de potes en commun, l’ambiance n’est pas au beau fixe…

Et puis surtout, cette pute (parce qu’il n’y a pas d’autre mot : PUTE) dit vouloir tout faire pour préserver votre amitié. Sauf qu’elle ne fait rien, absolument rien pour la mériter

Un exemple ? Volontiers les kheys

Après les cours vous parlez beaucoup via Facebook, MSN ou autres. Et à un moment, oklm et sans pression, elle te sort :

« Je peux te confier un truc ? Entre mecs on peut se l’avouer ? Eh bah je suis en manque ! »

Oui parce que Clémence est presque bi, avec des tendances quasi lesbiennes, et très garçon manqué dans son attitude.

Et elle vient de parler de sa détresse sexuelle, à toi le pucix, alors qu’elle peut se taper qui elle veut, quand elle le veut.