PARTIE 4 :

Mais tu rentres pas chez toi, hein. Non, tu rôdes au gré des rues et des trains, sans même voir devant toi tellement tu es dévasté.

Tu finis par rentrer chez toi en fin d’après-midi, tu te connectes machinalement sur MSN et elle vient te parler. Elle fait amende honorable, tente de s’excuser, mais t’humilie plus qu’elle ne te console la salope.

Elle te sort des trucs comme :
« Tu n’as jamais eu de petite copine, tu ne connais rien à la vie » (donc y’a que la baise dans la vie ?)
« Je voudrais tant qu’on reste amis »
« Je suis dangereuse pour les cœurs »

Quelle salope bon sang

Le soir tu te ballades dans le rue de ta ville, tu vas voir une bière dans un coin isolé, assis sur le trottoir comme un gros loser

Bref, c’est le dernier jour avant les vacances de pâques et cette catin de l’espace part tranquillement en vacances après avoir laissé le chien (toi, donc) sur le bord de la route.

S’ensuivent deux semaines de merde. Déprime, larmes, chaque vendredi tu comptes le temps qui te sépare de ce foutu 16 avril.

Et tu comptes les semaines.

Et chaque vendredi, inlassablement, sur Facebook, tu postes des statuts darko-mystérieux. « Une semaine ». « Deux semaines ».

En y repensant rétrospectivement : MAIS QUEL CON nom de Dieu

Tu arrives à te ressaisir malgré tout, tu vois des potes, tu parles, tu dis ce que tu as sur le cœur…

Et puis vient la rentrée. Tu as tellement appréhendé le regard de tous les autres (Marianne, Juliette et j’en passe) que tu décides de la jouer Maître Course. Tu te lèves plus tôt, et tu files au parc de ta ville dès l’ouverture, vers sept heures.

Avec toi, deux (ou trois, je sais plus) bonnes bouteilles de 75CL de 1664.
Sur le chemin tu croises même une ancienne camarade de lycée

-Oh tiens MacronSensuel comment va ?
-Bah bien et toi ?
-Ouais bien…
-Bon j’ai cours je te laisse !
-Ok salut !

Tu ne lui révèles évidemment rien de tes sinistres plans éthanolisés …