PARTIE 18 :

Tu prends deux bouteilles de vin blanc, et hop c’est parti pour un bus dans Paris. Sophie t’ouvre, Ludovic arrive une heure après. La première heure où vous êtes seuls ensemble tu lui fais découvrir la série Man Seeking Woman (allez la checker les kheys si ce n’est fait)

Oui parce que c’est important d’envoyer des messages subliminaux

Ludovic arrive, vous vous ambiancez dans la mesure du raisonnable, vous buvez quelques shots de Tequila, vous êtes relativement saouls mine de rien

Et là, un peu comme pour Céline sept ans plus tôt, tu sais pas trop, mais tu te rapproches tranquillement de Sophie. Sa tête sur tes genoux, petites approches digitalo-furtives sur son capital capillaire, sourires…

Face à cette chaude ambiance, Ludovic commence à se sentir de trop (pour ne pas dire “autant le bienvenue que Maurice Papon à une bar-mitzvah). Avec un sourire de malaise, il prend congé de vous

Vous parlez encore quelques minutes, elle et toi. Et puis à un moment tu te rends compte qu’il est plus trop de causer

ET LÀ
ET LÀ
ET LÀ
C’EST LE PALOT

S’ensuivent des câlins plus chauds que les aisselles d’un ouvrier dans un bus de Mexico en août à 14 heures. Les vêtements s’en vont, même le canapé commence à générer des gouttes de sueur

Et là, tu entends Sophie qui te murmure à l’oreille :

« J’en ai si tu veux… »

À l’attention de nos amis forumeurs ayant les moins exposés à la gent féminine, je précise que Sophie fait ici référence aux préservatifs (celui que Ruquier expulse par voie proutale, oui)

Tu objectes que tu es trop bourré, ce qui est totalement vrai. Tu te sens vraiment pas prêt à tremper le mikado dans un état pareil, tu veux être dans de meilleures dispositions

Alors Sophie et toi vous couchez pour un supplément câlins

Mais l’euphorie des premières minutes a déjà foutu le camp. Tu penses à Victoire, à toutes celles qui l’ont précédée. Tu te dis que tu vas encore te faire humilier et jeter comme du guano tiède tout droit sorti du cloaque d’une mouette de Concarneau

Du coup, tu lui demandes « Sophie… et demain… ? »

Une question hautement symbolique, puisqu’elle signifie à la fois :

« Et demain matin, littéralement ? Quand on se sera sobre et qu’on se réveillera tous les deux dans ton pieu ? »

Mais également :

« Et Demain, avec un grand D ? Ces prochaines semaines ? »

Ce à quoi elle te répond avec un sourire niais :

« Eh bien demain on va se réveiller et je vais t’embrasser :) »

Pas de quoi te rassurer. Tu as même envie de pleurer alors que tu as la fille dont tu rêvais depuis des mois, tu es dans SON pieu bordel, si c’est pas un comble

En tous cas, c’est le début d’une relation. Ta plus longue jusqu’à ce jour