[Risitas] Conseils aux kheys qui veulent PUBLIER un roman

L’auteur

Auteur: Yakomaru

Topic: [Risitas] Conseils aux kheys qui veulent PUBLIER un roman

Le Risitas

Alors comme ça, on est écrivain ? http://image.noelshack.com/fichiers/2017/21/1495669807-risitas-livre.png

Tu as un manuscrit qui croupit dans le fond d’une étagère ou sur une clé USB miteuse ? A moins que tu ne sois en train de t’acharner pour boucler un nouveau roman ? http://image.noelshack.com/fichiers/2016/24/1466366602-risitas94.png

Tu rêves d’édition ? De voir ton bouquin disponible en librairie ? De tourner ses pages, le montrer à Mamie ou à ta future go pour la faire frissonner des escalopes ? Tu as soif de salons, de reconnaissance, de stands à la comédie du livre, de dédicaces à Cultura ? A moins que tu aies l’objectif plus humble de simplement partager tes créations avec un maximum de gens ? On a tous nos raisons de vouloir signer un contrat avec une maison http://image.noelshack.com/fichiers/2016/50/1482000512-onsecalmerisitas.png

Hier je suis tombée sur une demoiselle qui avait claqué 3000 piastres pour se faire éditer, avec une diffusion misérable, le coeur plein d’espoir et la bourse totalement vide http://image.noelshack.com/fichiers/2016/38/1474488555-jesus24.png
Il y a plein de jeunes écrivains qui rêvent de se lancer dans le monde de l’édition. Beaucoup sont peu ou mal renseignés et en viennent à croire qu’il est normal de payer pour se faire éditer. Certains charlatans arrivent même à persuader les jeunes auteurs qu’il est plus normal de payer une maison pour les éditer que de se lancer dans l’auto-édition http://image.noelshack.com/fichiers/2017/01/1483903109-bloggif-5872903951574.gif

Le genre de crevard qui t’enlèverait au calme quelques zéros du bilan des heures les plus sombres ou te ferait gober l’excuse d’un rendez vous chez le dermato sans sourciller http://image.noelshack.com/fichiers/2017/12/1490182124-larrychance.png

Bref, beaucoup de gens sont mal renseignés sur le sujet : persuadés qu’il est impossible d’éditer sans casquer, que ça relève du piston ou d’une chance insolente http://image.noelshack.com/fichiers/2017/12/1490182124-larrychance.png

On est ici pour démystifier tout ça et encourager les jeunes auteurs sur le chemin de l’édition avec en tête deux valeurs reines : la persévérance et le travail. Sans lesquelles, malheureusement, l’édition relève effectivement du piston ou de la chance http://image.noelshack.com/fichiers/2017/22/1496583962-risisingecigarette.png

Si vous voulez tenter l’aventure, il faut préparer vos valises et vous armer de patience parce que c’est un processus qui traîne en longueur et qui réclame de la patience (surtout pendant les mois où il ne se passera rien :noel: ) http://image.noelshack.com/fichiers/2017/27/1/1499107242-1484499764-risitas-nrv-peut.png

:globe: Premièrement, il va vous falloir corriger vos textes.

Réellement, sans rechigner : des dizaines et des dizaines de lectures vont s’imposer. Le tout est d’avoir quelque chose de propre et de lisible à proposer à la maison d’édition pour ne pas qu’elle vous gicle sans remords dans la pile-poubelle des manuscrits qui ne seront même pas parcourus. Il y a un minimum syndical à respecter et ça serait dommage de griller des cartouches juste par manque de corrections. Chacun a son astuce : lire le texte à l’envers pour mieux voir les fautes, lire un paragraphe sur deux, exploiter un esclave bêta-lecteur, mendier des critiques sur Twitter ou Scribay… http://image.noelshack.com/fichiers/2017/39/3/1506524542-ruth-perplexev2.png

:globe: Ensuite, il va vous falloir trouver la ligne éditoriale idéale . En gros, mesurer la pertinence que peut avoir votre roman dans telle ou telle collection. Il ne suffit pas de catégoriser votre poulain dans “roman pour adulte” ou “science fiction” ou “fantasy”, il faut réellement cerner l’optique de votre maison rêvée. Littérature plus engagée, plus classique (attention avec les maisons classiques, ils ont souvent des exigences précises en terme de style ou de niveau), plus jeunesse, plus Young Adult, Bit-lit, Feel Good, romance ou soft érotique… les déclinaisons sont vastes, les personnalités éditoriales sont nombreuses. Attention à bien savoir où vous mettez les pieds. http://image.noelshack.com/fichiers/2016/38/1474490321-risitas555.png

:globe: Troisièmement, il va falloir trouver vos candidats.

:cd: Globalement, il existe trois types de maison d’édition :

:d) Les maisons d’édition à compte d’éditeur , qui financeront votre projet, vous distribueront et vous diffuseront tant que vous respectez votre part du contrat. Ils feront confiance à votre livre et pourront (ou pas) vous proposer de l’argent en “avance” par rapport à vos futures ventes, on appelle ça un à-valoir . Il n’est pas remboursable (par vous) et vous est acquis dès le moment où il est perçu. :(
Ils feront vos tirages, vous proposeront à des prix littéraires, seront votre intermédiaire avec les médias et votre laissez-passer pour les salons littéraires.

C’est le Saint Graal du jeune auteur. C’est là que vous mettrez réellement le pied dans l’univers de l’édition. Il y a des contraintes, bien sûr, comme sur tout contrat synallagmatique (= chaque entité a ses responsabilités :hap: ). Mais à mon sens c’est, et de loin, la meilleure option. http://image.noelshack.com/fichiers/2016/50/1481648617-benissoumasterrace.png

:d) La maison à compte d ‘auteur . Les plus connus sont :

Amalthée
Baudelaire
7écrits

Eux vont vous demander de mettre la main au porte-feuille pour éditer. Et souvent, il va falloir faire maigrir la bourse : certaines structures demandent plus de 3000 euros pour un tirage parfois dérisoire et une présence en librairie insignifiante. Attention à vous si on vous propose un contrat de ce style, ça n’en vaut (d’aussi loin que je sache) jamais la peine. Faites réellement attention : ne pensez pas que ces structures ont des égards particuliers vis à vis de votre texte et qu’avec vous, ce sera différent : ils acceptent pratiquement toutes les soumissions. Comme pour les grenouilles toxiques : on n’y touche pas, on regarde juste de loin http://image.noelshack.com/fichiers/2017/13/1490886827-risibo.png

:d) Les maisons à compte participatif : c’est le petit frère de la version précédente. Techniquement, vous ne payez pas mais la maison vous demandera d’avancer le prix de, mettons, cent, deux cent ou trois cent bouquins pour s’assurer de faire des bénéfices. En gros, vous claquez mille piastres (ou vous faites acheter en avance, en mode “prévente” à vos proches l’équivalent de cent bouquins à vos proches). C’est à fuir comme la peste pour moi aussi, c’est rien de plus que du compte d’auteur déguisé . Certaines maisons se défendent, elles en ont le droit, mais pour moi en tant qu’auteur, ce n’est pas un bon plan. http://image.noelshack.com/fichiers/2017/20/1494968374-pas-de-chance.png

:cd: En ce qui concerne la taille/l’influence de la maison de vos rêves, il y a là aussi plusieurs catégories.

:d) Les mastodontes, style Galligrasseuil, Fleuve, P.O.L, Stock, Denoël et compagnie. D’énormes maisons d’édition, blindées de thune qui ont des moyens à investir dans la diffusion, pub et autres boosts pour vos bouquins. Très inaccessibles (pas impossible ceci dit :o)) ), elles ont laissé des dizaines d’auteurs souiller leurs caleçons dans l’attente d’une réponse. C’est un rêve pour beaucoup mais c’est aussi un piège éventuel : il n’est pas rare qu’un jeune auteur qui se fait dépuceler chez Gallimard finisse par se noyer à côté des cadors de la littérature. Difficile d’être mis en avant et de se démarquer dans une maison si gigantesque. A noter que l’aspect économico-administrativo-contractuel est très important dans ce genre d’univers. Perso, c’est mon fantasme aussi, mais je pense pas que ça soit le choix le plus judicieux http://image.noelshack.com/fichiers/2017/02/1484127482-jesusah2.png

:d) Les maisons de taille moyenne à grande : ça comprend les bons bébés tels que Diable Vauvert, Héloïse d’Ormesson, Critic, Sarbacane, Le Lamantin, Le Dilettante qui ont une structure bien établie et qui peuvent se permettre de mettre leurs auteurs en avant. Pour moi, la meilleure option : il y a possibilité d’obtenir un contrat avantageux pour vous et pour la maison d’édition et l’assurance d’une stabilité financière de la structure. http://image.noelshack.com/fichiers/2017/04/1485471833-marine-le-pen.png

:d) Les petites maisons : Editions du Menhir, Boz’Dodor, Fantasmagorie, Aconitum, Underground… ce sont des petites structures, parfois gérées par une seule personne. Souvent très agréables en terme d’ambiance, il arrive que le professionnalisme ne suive pas… et la santé de la maison non plus. Fantasmagorie vient de mettre la clé sous la porte par exemple. Attention, donc : toute la bonne volonté du monde ne sauve pas d’une mise en demeure ou d’une fermeture. Les “oui” viennent souvent de ces maisons, et ça peut être une bonne aventure tout de même : après tout, toutes les grandes maisons ont commencé quelque part. Faites juste attention et assurez vous du sérieux de la maison que vous contactez. Souvent, ce genre de maison ne vous propose pas de tirage mais fait de l’impression à la demande (= faible présence en librairie). Mais il faut encourager ces structures http://image.noelshack.com/fichiers/2017/01/1483809290-lassalleparlecol.jpg

:globe: Une fois dressé votre listing des maisons potentielles, il faut rédiger votre lettre de motivation (avec sérieux, les gars, déconnez pas :hap: ) en y mentionnant vos noms et prénoms d’usage, votre adresse, votre numéro de téléphone, votre passé éditorial et la raison de votre candidature pour cette maison. Faites attention à bien respecter les conditions mentionnées sur les sites des éditeurs : si on vous dit de joindre un synopsis de trois pages, faites le, si on vous demande de joindre les trois premiers chapitres, le dernier et l’épilogue, faites le sans broncher. :o))

Respectez l’interligne, la police, le format (n’envoyez pas un .docx à quelqu’un qui exige du pdf, ça fait pas sérieux. N’envoyez pas non plus de feuilles mal reliées par la poste :noel: ).

Ceci fait, envoyez, et croisez les doigts http://image.noelshack.com/fichiers/2017/05/1485771204-1.jpg

:gba: En termes de délais, ou du temps qu’il faudra patienter :

:d) Très variable. J’ai déjà eu des réponses positives en deux semaines mais des blancs de plus de cinq mois. Tout dépend du contexte, de votre texte et de la période de l’année http://image.noelshack.com/fichiers/2017/15/1492078533-risigitan.png

:gba: En terme de prix par envoi :

:d) Certaines maisons exigent que vous candidatiez par la Poste. Comptez une vingtaine d’euros par candidature : l’impression d’un manuscrit vous coûtera environ dix euros et l’envoi (+ le retour déjà affranchi si vous voulez retrouver votre manuscrit) vous coûtera également une dizaine d’euros, selon la maison. Si vous êtes parisiens, n’hésitez pas à aller toquer aux portes spontanément :ok:

:gba: Pour ce qui est des maisons qui reçoivent par mail, on peut citer

:d)

Diable Vauvert
ActuSF
L’Atalante
Mnémos
Bragelonne
Critic
City
Aconitum
Alire (pour les québecois)
Atalante
Underground
Cyplog
Pygmalion
Les Forges de Vulcain (réponse très rapide, souvent, parfois quelques jours, juste)
Le Bélial
Boz’Dodor
Calmann-Lévy
City
Dreamcatcher
PLON
Rue Fromentin
L’Ivre-Book
La Rémanence
Sarbacane…

Y en a des dizaines d’autres. N’hésitez pas à faire appel à elles, c’est bien moins cher. http://image.noelshack.com/fichiers/2016/52/1483054124-risitas.jpg

:gba: Pour ce qui est de la réponse

:d) Elle arrivera le plus souvent par téléphone ou par mail. Souvent (mais pas systématiquement) une réponse postale est un refus : si un éditeur vous veut il cherchera le moyen le plus rapide de vous joindre. Il s’agira le plus souvent d’un message type, parfois d’un refus argumenté. http://image.noelshack.com/fichiers/2017/02/1484127482-jesusah2.png

Sur mon dernier roman j’ai tenté trente maisons d’édition, voire plus : j’ai eu cinq réponses positives, quinze refus dont six argumentés (légèrement :hap: ) et une dizaine de refus par silence. Ne vous attendez pas à ce que tout le monde vous réponde :o))

:gba: Si vous décrochez un contrat:

Si une maison vous propose un contrat, faites extrêmement attention à la nature de ce dernier. Surveillez-le diffuseur de la maison qui veut vous séduire, regardez ses performances, sa présence en librairie : ( https://www.placedeslibra aires.fr/recherche_avancee.php par ici en tapant le nom de l’éditeur par exemple ). http://image.noelshack.com/fichiers/2017/06/1486339233-1480464151-1474490330-risitas568.png

:gba: En termes de droits d’auteurs

La fourchette va de 7% de droits d’auteurs à 10%. 7% c’est la moyenne basse et 10% la moyenne haute. Sous 7%, refusez, c’est pas un bon plan. Au dessus de 10% faites très attention : c’est souvent le cas pour des petites maisons qui peuvent vous proposer 12%… mais c’est signe qu’il n’y a aucune équipe à payer dans la maison. Pas de graphiste, pas de diffuseur, pas de distributeur… donc oui, gros DA, mais encore faut il avoir une réelle vie en rayons et pouvoir se vendre http://image.noelshack.com/fichiers/2017/06/1486561574-jesusarthur.png